dimanche 9 septembre 2012

Vues sur la mer



© Yannick Vigouroux « Bernières-sur-Mer », 6 sept. 2012 (Fuji Instax Wide)



Pendant cette première semaine de septembre, j’ai longé la Côte de Nacre à bicyclette presque tous les jours, et il en résulte nombre de polaroids, et quelques instantanés, faux panoramiques réalisés avec mon appareil Fuji Instax Wide. C’est le cas de ce petit hommage estival à Luigi Ghirri (l’un des premiers à revendiquer la couleur comme un moyen d’expression « noble » dans les années 1970) à ses photos de rivages et à ses « cadres dans le cadres » (http://define-us.blogspot.fr/2011/04/luigi-ghirri.html) qui m’ont beaucoup influencé.

J’ai songé aussi, une fois de plus, à Une Histoire de bleu (1994) de Jean-Michel Maulpoix :
« Ils regardent le bleu, mais ne sauront jamais le dire.
Le monde est un vaste pays inconnu que l’on contemple depuis les terrasses. On choisit les chambres avec vues, celles qui donnent sur la mer, même si l’on sait que la mer ne se donne pas. »

jeudi 6 septembre 2012

The Gui-Gui Syndrome, September 2012


 

 
© Yannick Vigouroux, « Courseulles-sur-Mer, 2 sept. 2012 » (Poladroid)

 
 
 

Comme les churos en Espagne et dans le sud de la France, la gui-gui est ici une véritable institution balnéaire pour les enfants, un rituel gourmand indémodable. Les boutiques omniprésentes  viennent de fermer.
A Lion-sur-Mer, le vent souffle fort. Hors saison, nous sommes la veille de la « rentrée scolaire » et la plage est quasi déserte. C’est ma saison préférée, la fin de quelque chose et surtout  le début de la lumière automnale sourde, douce, jamais écrasée.
 
 

 
© Yannick Vigouroux, « Lion-sur-Mer, 5 sept. 2012 » (Poladroid)

 
Je découvre que la mairie a miniaturisé les cabines de plage pour en faire des panneaux d’information : photo !...
Photos aussi de cet homme qui retient fermement, allongé sur le sable son parasol jaune qui menace de s’envoler, photos de tous ces acteurs silencieux d’un espace suspendu qui  se déplacent lentement, chorégraphie étrange où les points de suspension ponctuent sans cesse la partition de l’incertain :  l’un des credos de Foto Povera, dont la « rentrée » aura elle lieu non pas en septembre mais en novembre, à la galerie Satellite (Paris IXe) et la Médiathèque Marguerite Duras (Pas XXe)…
 


 

 

mardi 28 août 2012

« La vague bleue, août 2012 » : choisissons nos simulacres (et notre société)




© Yannick Vigouroux, « La vague bleue, Paris, août 2012 » (Poladroid)


Choisissons nos simulacres – et notre société – plutôt que de subir ceux que l’on nous impose. Dans ces mensonges visuels éhontés, cupides et nocifs, faisons le tri, approprions-nous les fragments qui nous conviennent, recadrés, remaniés, comme cette  « vague bleue », citation postmoderne d’une célèbre lithographie japonaise, en réalité « arrachée »  à une publicité géante du métro parisien pour un Tour Operator…
Que cette vague soit « fausse » ou « réelle », peu importe : seul compte pour moi, où que je sois, au bord, ou si loin, comme c’est le cas en ce moment, de la mer, ce sentiment de littoral intérieur et de « BLEU » profond.

mardi 21 août 2012

Écrire sa vie au futur antérieur (Diana-F)




© Yannick Vigouroux, « Naples, septembre 2017 » (Diana-F, 4 x 4 cm)



La photographie ne sert pas qu’à se souvenir, elle permet aussi de vivre et écrire sa vie au futur antérieur.
Lacunes, lapsus, altérations, trouées de lumière et imperfections diverses font partie du processus de tissage et de détissage du tissu sensible et  mouvant de l’existence.

jeudi 16 août 2012

Quelque chose BLEU




© Yannick Vigouroux « Août 2012 » (Poladroïd)





Loin de la mer qui n’est plus pour moi en ce moment qu’un écho atone et blanc, sans couleur, il faut bien imaginer d’autres rivages, d’autres « Littoralités »...
En tout cas quelque chose BLEU, qui finalement comme le littoral est partout dans cette parenthèse estivale, comme « un bruit vide » (Jean-Michel Maulpoix) et mat, mais profond qui me remplit et remplit l’espace.


mercredi 25 juillet 2012

Les cabines de plage, la camera obscura sur le mode balnéaire (2)



© Yannick Vigouroux,
« Courseulles-sur-Mer », série « Littoralités numériques »
(Smartphone, Poladroïd)




Des cabines de plage, encore, photographiées le 14 juillet dernier, non pas avec ma box 6x9 cm mais avec mon Smartphone, et à défaut de pouvoir partir en vacances cet été, je me plonge avec bonheur dans cet article (résumé d'une émission d'Arte) :

« Voilà bien un objet typique des côtes françaises. C’est en bois, souvent blanc, parfois rayé, blanc et bleu. C’est la cabine de plage, bien sûr ! On la trouve dans le Nord de la France, sur les côtes de la mer du Nord et de la Manche. Elle fait partie du paysage auquel elle confère un petit charme discret. Les cabines sont alignées sur le front de mer, une ou deux rangées bien sages. Elles sont démontées après la saison, stockées puis remontées au printemps. Bon mais savez-vous qu’avant d’être fixes, ces cabines étaient mobiles ? C’est le Docteur Russel, un médecin de Brighton, dans le sud de l’Angleterre, qui a révélé vers le milieu du XVIIIe siècle les vertus thérapeutiques des bains de mer. Les Anglais se lancent donc dans les bains de mer. Très vite, leurs côtes ne leur suffisent plus et les plus fortunés débarquent au milieu du XIXe siècle sur les côtes du Nord de la France où se créent alors les premières stations balnéaires. 
[…]
Aujourd’hui, les cabines sont très prisées, elles se transmettent de génération en génération et les listes d’attente sont longues. Pas moins de 400 personnes sur celle du Touquet Paris-Plage. Tout un folklore s’y rattache. Ainsi, par exemple, il n’y a pas de cabine sans trou. Les cabines de certaines stations balnéaires sont renommées pour leurs trous "groupés à hauteur de la poitrine et du ventre". Pour les uns, la cabine de plage tient lieu de véritable résidence secondaire, pour les autres, elle sert juste à entreposer plus près de la mer la planche à voile et les jouets des enfants ».



Et pourquoi pas des trous à hauteurs de regard (ou pas d'ailleurs) ?, afin de faire de ces cabines des sténopés, et de manière séquentielle, l'un de mes rêves...



Et aussi :

mercredi 11 juillet 2012

« De nouveaux dessins photogéniques » ? (à propos d'un Poladroïd)


© Yannick Vigouroux, « juillet 2012 », 
série « Sans qualité » (Poladroïd)




« De nouveaux dessins photogéniques » ? me suis-je dis en redécouvrant sur mon écran cette image quasi abstraite que j'avais presque oubliée . Retrouver dans les pixels de mon Smartphone une matière matricielle, originelle, non pas par nostalgie, mais afin de régénérer la vision, découvrir, provoquer d'autres formes de transparences et de matérialités. Expérimenter, toujours, sans relâche. L'on sait d'où l'on vient, ce que l'on a déjà produit, mais ne jamais se laisser enfermer là-dedans, même si cela pourrait devenir une bonne recette de fabrication. Refuser cela justement et préférer, sans programme, ne pas savoir où l'on va, tant mieux. Se laisser entraîner dans cette douce spirale subjective d'incertitude. Les (bonnes) surprises n'en seront-elles que plus belles ?...