mercredi 19 septembre 2012

Esthétique du banal et angles morts



© Yannick Vigouroux, « Venise, sept. 1999 » 
(Polaroid Image, coll. privée)






C'est juste un angle de rue ou de maison, et quel que soit l'endroit où il est photographié, par moi ou un autre, il me semble familier. Comme un fragment d'intimité dont la principale qualité serait d'en être justement dépourvu, de cette qualité.

Pas d'angoisse lynchienne toutefois, je ne redoute aucune créature menaçante (comme dans Mulholand Drive, 2001) qui pourrait surgir de ce faux ou vrai angle mort...

Je songe plutôt, à force de répéter les mêmes motifs d'image en image, sans jamais me lasser, à ces lignes d'Edward Hopper auquel une grande retrospective sera consacrée dans quelques jours à Paris (http://www.grandpalais.fr/grandformat/exposition/edward-hopper/) :

« … Ce que j'ai voulu faire est peindre la lumière sur le côté d'une maison ».


vendredi 14 septembre 2012

Le sténo-film numérique « Islande # 1 » de Juliette Agnel projeté dans son van à Cayeux-sur-Mer du 21 au 23 septembre 2012





© Juliette Agnel





Le week-end du 21, 22 et 23 septembre 2012, le combi de Juliette Agnel sera transformé en salle de projection à CAYEUX-SUR-MER pour OFF SHORT pour montrer son film  Islande # 1 tourné en camera obscura numérique.

Le film de Catherine Alvès et Nathalie Battus, Invisible, sera aussi projeté.

dimanche 9 septembre 2012

Vues sur la mer



© Yannick Vigouroux « Bernières-sur-Mer », 6 sept. 2012 (Fuji Instax Wide)



Pendant cette première semaine de septembre, j’ai longé la Côte de Nacre à bicyclette presque tous les jours, et il en résulte nombre de polaroids, et quelques instantanés, faux panoramiques réalisés avec mon appareil Fuji Instax Wide. C’est le cas de ce petit hommage estival à Luigi Ghirri (l’un des premiers à revendiquer la couleur comme un moyen d’expression « noble » dans les années 1970) à ses photos de rivages et à ses « cadres dans le cadres » (http://define-us.blogspot.fr/2011/04/luigi-ghirri.html) qui m’ont beaucoup influencé.

J’ai songé aussi, une fois de plus, à Une Histoire de bleu (1994) de Jean-Michel Maulpoix :
« Ils regardent le bleu, mais ne sauront jamais le dire.
Le monde est un vaste pays inconnu que l’on contemple depuis les terrasses. On choisit les chambres avec vues, celles qui donnent sur la mer, même si l’on sait que la mer ne se donne pas. »

jeudi 6 septembre 2012

The Gui-Gui Syndrome, September 2012


 

 
© Yannick Vigouroux, « Courseulles-sur-Mer, 2 sept. 2012 » (Poladroid)

 
 
 

Comme les churos en Espagne et dans le sud de la France, la gui-gui est ici une véritable institution balnéaire pour les enfants, un rituel gourmand indémodable. Les boutiques omniprésentes  viennent de fermer.
A Lion-sur-Mer, le vent souffle fort. Hors saison, nous sommes la veille de la « rentrée scolaire » et la plage est quasi déserte. C’est ma saison préférée, la fin de quelque chose et surtout  le début de la lumière automnale sourde, douce, jamais écrasée.
 
 

 
© Yannick Vigouroux, « Lion-sur-Mer, 5 sept. 2012 » (Poladroid)

 
Je découvre que la mairie a miniaturisé les cabines de plage pour en faire des panneaux d’information : photo !...
Photos aussi de cet homme qui retient fermement, allongé sur le sable son parasol jaune qui menace de s’envoler, photos de tous ces acteurs silencieux d’un espace suspendu qui  se déplacent lentement, chorégraphie étrange où les points de suspension ponctuent sans cesse la partition de l’incertain :  l’un des credos de Foto Povera, dont la « rentrée » aura elle lieu non pas en septembre mais en novembre, à la galerie Satellite (Paris IXe) et la Médiathèque Marguerite Duras (Pas XXe)…
 


 

 

mardi 28 août 2012

« La vague bleue, août 2012 » : choisissons nos simulacres (et notre société)




© Yannick Vigouroux, « La vague bleue, Paris, août 2012 » (Poladroid)


Choisissons nos simulacres – et notre société – plutôt que de subir ceux que l’on nous impose. Dans ces mensonges visuels éhontés, cupides et nocifs, faisons le tri, approprions-nous les fragments qui nous conviennent, recadrés, remaniés, comme cette  « vague bleue », citation postmoderne d’une célèbre lithographie japonaise, en réalité « arrachée »  à une publicité géante du métro parisien pour un Tour Operator…
Que cette vague soit « fausse » ou « réelle », peu importe : seul compte pour moi, où que je sois, au bord, ou si loin, comme c’est le cas en ce moment, de la mer, ce sentiment de littoral intérieur et de « BLEU » profond.

mardi 21 août 2012

Écrire sa vie au futur antérieur (Diana-F)




© Yannick Vigouroux, « Naples, septembre 2017 » (Diana-F, 4 x 4 cm)



La photographie ne sert pas qu’à se souvenir, elle permet aussi de vivre et écrire sa vie au futur antérieur.
Lacunes, lapsus, altérations, trouées de lumière et imperfections diverses font partie du processus de tissage et de détissage du tissu sensible et  mouvant de l’existence.

jeudi 16 août 2012

Quelque chose BLEU




© Yannick Vigouroux « Août 2012 » (Poladroïd)





Loin de la mer qui n’est plus pour moi en ce moment qu’un écho atone et blanc, sans couleur, il faut bien imaginer d’autres rivages, d’autres « Littoralités »...
En tout cas quelque chose BLEU, qui finalement comme le littoral est partout dans cette parenthèse estivale, comme « un bruit vide » (Jean-Michel Maulpoix) et mat, mais profond qui me remplit et remplit l’espace.